La Nuit Blanche 2005 à Saint Merri
 

Nuit Blanche ...

Une église au coeur de Paris, qui sort tout juste du manteau blanc de ses toiles d'échafaudages, ouvre ses portes, pour une nuit pour certains, régulièrement pour d'autres.

Cette nuit Hugo Bonamin nous visite, il est notre hôte au travers de son installation "les chaises" (dans la nef) et "la lutte" (sur le trotoir rue du cloître).

Nous l'avons invité pour le 30ème anniversaire du CPHB : nous voulions que l'un des évènements qui le marque soit artistique, festif et ouvert à un large public. Quoi de mieux que la Nuit Blanche de Paris ?

L'église est occupée, comme de coutume par des chaises, mais cette nuit elles prennent un aspect peu habituel et nous offrent une nef vide. L'espace est rendu à la déambulation. Nos regards trouvent d'autres horizons, d'autres points d'accroche et ce lieu transformé par l'oeuvre d'Hugo fait basculer le temps et l'espace :
- une église offerte à tous comme lorsqu'au Moyen Age chacun y venait trouver un refuge.
- une église laissée à l'imaginaire d'un jeune artiste qui nous l'offre comme cadeau pour une nuit.
- une église ou chacun pourra y trouver sa place paisible et contemplative.

 

Une communauté de parisiens de tous les horizons géographiques "habite" ces lieux pour y célébrer leur foi et sont heureux de prendre part à cette Nuit Blanche.
Ils sont là pour dire que le voisinage du Centre Pompidou n'est pas étranger à ce qui se passe dans ces lieux et que si des expressions de foi se vivent ici, elles tentent d'être en résonance avec ce que l'art contemporain exprime de l'homme d'aujourd'hui, dans sa recherche, sur son chemin quotidien vers plus de vie.

"Chaises"

Les chaises sont d'abord une installation dans l'espace.
En libérant six cent chaises du sol, l'on rend trois cent mètres carrés à l'église. Et l'on incite à parcourir et repenser ce nouvel espace, c'est-à-dire à découvrir Saint-Merry autrement.

Une église est presque toujours un espace surchargé, il fallait donc exploiter l'existant, le transformer sans en rajouter.
En plaçant des chaises de l'église sur des plans verticaux, avec des inclinaisons différentes créant une palette de teintes comme dans un tableau impressionniste, on fait apparaître une figuration, une silhouette, un visage, …

Plus loin, ces chaises- objets côtoient des chaises dessinées au fusain sur des toiles de coton cru. Les chaises- objets laissent apparaître un morceau de leur structure qui s'inscrit dans la première toile, puis sont de moins en moins présentes dans les suivantes au profit d'une figuration dans la fiction, qui s'achève avec l'apparition d'un humanoïde asseyant l'enfance.
Ainsi, le désordre de la disposition des chaises - objets réels ou dessinées - sur les toiles, vient en opposition avec la structure autoportante et formidablement ordonnée (un peu à la manière de la hiérarchie sociale) des chaises empilées sur les plans verticaux.

Comme les chaisières d'autrefois structuraient l'espace en fonction des offices, le " chaisier " d'un jour détourne l'objet pour retrouver l'espace.

"La lutte"

L'église se définit volontier comme lieu de paix et de rassemblement. Pourtant, elle a toujours été - au milieu des hommes - théatre de la vie, forteresse, refuge, enjeu ou symbole.

Ni comme batiment, ni en tant qu'assemblée de croyants, ni même en qualité d'oeuvre d'art, elle ne s'est située en marge des combats des hommes.
Saint Merri moins qu'une autre.

La lutte n'est pas seulement l'affrontement destructeur, elle est aussi la rencontre, l'affirmation d'une conviction - d'une foi - , la recherche d'un "être au monde", un combat pour.

Une silhoutte est un dessin au service du mouvement, in destin inhabituel fondu dans une aventure, c'est la danse des corps et collective. Des silhouttes en lutte, des âmes sur la scène de la vie, des points aux côtés d'autres qui compodent une ligne.

Une ligne de front posée en continu au pied des facades de Saint Merri, comme deux camps qui s'opposent, attaquants et défenseurs partageant une même condition.

Ainsi la Lutte vient-elle raconter l'histoire permanente des hommes, en restituant l'Eglise à son ambivalence essentielle : identité spirituelle et message d'ouverture, malgré et au-delà de tous les combats.

Hugo Bonamin

Hugo Bonamin est né le 4 août 1979 à Paris
Depuis 1998 il travaille à Londres, Buenos Aires et Paris, uniqement dans le contexte de l'art contemporain qu'il veut avant tout imprégné d'humanité.

Parmi ses réalisations :
- Argentine : chansons de rue (espace Lhomond 2003)
- Tierra de Vigilia (Alliance Française janvier 2002)

Il a également participé aux manifestations suivantes :
- Arte BA'04
- Gebo-art'O3
Et présenté :
- Le mur du son (Les Galleries Lafayette PRC '04)
- L'apologie de Socrate (Festival de Lisieux '04)
- Vol de nuit (Air France '01)

 

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